Tribune de Genève, 10.06.2005; http://www.tgd.ch

Genève Actualité

Le Grand Conseil freine les Communaux dAmbilly

Aménagement Furieux, Laurent Moutinot dénonce l'incohérence de la droite.

« Dans un premier vote, vous avez ouvert la voie aux Communaux d'Ambilly. Mais lors d'un deuxième vote, vous avez refermé cette voie. Le Conseil d'Etat va maintenant examiner les conséquences de votre choix. » C'est un Laurent Moutinot glacial qui, hier soir, a repris la parole (fait inhabituel) après une série de décisions du Grand Conseil sur le projet d'aménagement des Communaux d'Ambilly. Tout avait pourtant plutôt bien commencé car droite et gauche semblaient pour une fois à peu près sur la même longueur d'onde. Il est vrai que les trois objets en question n'étaient pas des plus polémiques: un projet de loi permettant de réserver les futures voies d'accès au périmètre à urbaniser, une motion demandant la création d'un réseau de transports publics et privés et, enfin, une deuxième motion souhaitant une réalisation par étapes des constructions. Gros retard programmé Si les deux premiers objets ont été acceptés à l'unanimité, le troisième a recréé le clivage gauche-droite. L'Entente et l'UDC veulent en effet que le Conseil d'Etat présente un nouveau projet de loi de déclassement prévoyant une densification moindre aux abords des zones villas. Une demande qui retarderait le projet d'une année ou deux, a prévenu Laurent Moutinot, car il faudrait recommencer de zéro toute la procédure. Bizarrement, le débat a peu porté sur ce point. A l'exception des mises en garde du conseiller d'Etat et de quelques socialistes comme Alain Etienne qui demandaient le renvoi en commission pour étudier les conséquences d'une telle demande. La droite ne voulait toutefois pas attendre. « Le rôle de notre parlement, c'est de redonner un peu de sérénité dans le dossier des Communaux d'Ambilly », a plaidé le radical Gabriel Barrillier. Et pour le PDC Pierre-Louis Portier, l'une des manières d'y parvenir, c'est précisément d'écouter ce que veut la commune de Thônex: une densification moindre à certains endroits. C'est ce point de vue majoritaire qui a prévalu par 46 oui contre 38 non et 1 abstention. Freins aux déficits Le Grand Conseil a ensuite enchaîné sur ce qui constituait le véritable plat de résistance de la soirée: un mécanisme de frein aux déficits et, par conséquent, à l'endettement. Si, à l'heure où nous mettons sous presse, le vote final n'avait pas encore eu lieu, le résultat ne fait guère de doute. La droite majoritaire imposera son projet contre la volonté de la gauche. Ce qui ouvrira la voie à une votation populaire puisque le mécanisme comprend une modification constitutionnelle. Le frein ne sera actionné que si le Conseil d'Etat ne parvient pas en quatre ans à supprimer le déficit budgétaire. Dans ce cas, le peuple devra obligatoirement choisir entre une hausse d'impôts ou une diminution de prestations. Nous reviendrons sur le sujet dans nos éditions de demain.

Laurent Moutinot. « Le Conseil d'Etat va maintenant examiner les conséquences de votre choix. » (LAURENT GUIRAUD)

Les communes mises au menu

La qualité des relations entre l'Etat et les communes genevoises a à nouveau occupé les esprits, jeudi, en début de séance du parlement. Il est vrai qu'elles ne sont pas au beau fixe depuis l'essai de transfert de charges (financement de l'OCPA) qui figurait dans le budget 2005 et la multiplication des contentieux sur les projets d'urbanisation. Partant de ce constat négatif, une motion libérale demandait au Conseil d'Etat de reprendre le dossier de la répartition des tâches et compétences entre le canton et les communes. Très vite toute la droite a soutenu la démarche, de même que les Verts. Plus réticents, le PS et l'Alliance de gauche entendaient étudier la question en commission. Par la voix de Martine Brunschwig Graf, le Conseil d'Etat a toutefois clairement affirmé qu'il était preneur immédiatement. « Adressez-nous cette motion car nous avons des choses à vous dire sur ce dossier », a demandé la présidente du gouvernement. Et d'annoncer des avancées tant au niveau du désenchevêtrement des tâches et compétences qu'à celui de l'instauration d'une nouvelle péréquation intercommunale. Autant dire que le renvoi de la motion au gouvernement a ensuite été très largement approuvé.

(eby)