Réunion du 5 mai 2004 avec le SIFOR
(Syndicat Intercommunal du Foron)
ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE…
Ce mercredi 5 mai, 70 personnes ont répondu à l’invitation de l’Association pour la Défense des Intérêts du FORon (ADIFOR) à une soirée d’information sur le Contrat de Rivière et le Bassin Ecrêteur de Crues de Ville-la-Grand.
En présence de Madame MAGNIN, Présidente du Syndicat Intercommunal du Foron (SIFOR), de Monsieur BARDET, Maire de Ville-la-Grand et de Monsieur DELAVY représentant le DIAE (Département de l’environnement du Canton de Genève), Hervé FAUVAIN, chargé de mission, a exposé les grandes lignes du Contrat de Rivière. Un programme ambitieux (19 millions d’euros HT), mené depuis le niveau national, en collaboration avec les autorités genevoises, dont l’objectif, louable, est la mise en place « d’un outil de gestion de l’écosystème, qui vise à améliorer la qualité de l’eau, prévenir les risques d’inondation et restaurer les berges et le lit de la rivière ». Il a ensuite présenté le bassin écrêteur de crues de Marsaz, ouvrage majeur du contrat de rivière, qui prendrait place dans la vallée entre le hameau de Crêt et Ville-la-Grand, sous la forme de 875 mètre de digues, culminant à une hauteur de 7.5 mètres, pour une capacité totale de stockage de 250 millions de litres d’eau, et dont la mise en service interviendrait dès 2007…
C’est bien évidemment autour de cet ouvrage que s’est engagé un débat, parfois houleux, de plus de deux heures. A une présentation purement technique, ont fait échos des interrogations très concrètes. Interpellés sur l’apparente contradiction qui existe entre la volonté de « renaturaliser » les rives du Foron et ce projet d’endiguement, les représentants du SIFOR ont opposé que malgré son impact sur la vallée, il représentait la « seule solution possible »…
Lorsque les questions se sont portées sur les dégâts occasionnés par la réalisation de l’ouvrage (12 mois de travaux, un volume de remblais estimé à 45 000 m3, bétonnage du ballast de la voie ferrée, déplacement du réseau d’eaux usées de Crêt et protection du gazoduc qui traverse le bassin.), puis sur les conséquences de son remplissage (qui débuterait à chaque fois que le Foron dépasserait son niveau de crues trentenales, soit une chance sur trente que cela se produise chaque année), il a été répondu qu’une « étude d’impact » serait diligentée dans les mois prochains afin que les travaux puissent débuter dans les temps...
…Débuter dans les temps, sans doute est ce là l’une des clefs du projet. Après dix ans d’études quasi confidentielles, les digues devraient être mises en place dans un peu moins de trois ans, au nom de l’intérêt d’un public qui n’a pratiquement pas été consulté…L’embarras des intervenants était perceptible à chaque allusion aux enjeux du programme, de son influence dans la mise en place du Plan de Prévention des Risques, de ses conséquences sur les divers projets d’aménagement en aval de l’ouvrage…
Bien-sûr, l’association ADIFOR est consciente que ce n’était pas aux techniciens présents de s’exprimer sur les options politiques qui entraîneront le sacrifice de cette portion du Vallon du Foron. Elle remercie d’ailleurs le SIFOR, et en particulier Monsieur FAUVAIN pour la qualité de son intervention et son effort de transparence, d’autres rendez-vous devraient suivre, afin de participer à l’analyse de l’étude d’impact.
Cependant, trop de questions sont restées sans réponses, et, fidèle à sa mission d’information l’Association espère pouvoir, dans un proche avenir, organiser d’autres rencontres de ce type en invitant les organismes concernés à débattre avec elle de l’avenir de ce qui reste la dernière bulle verte du Nord Est de l’agglomération.
|