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Bulletin printemps 2008 - Edito

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14-04-2008

Le mot du Comité

Il existait donc une alternative...

C’est une année charnière, une année difficile qui s’achève pour notre association. Tout semblait beaucoup plus simple il y a cinq ans, lorsque le Vallon du Foron, livré à lui même, faisait l’objet des rêves d’aménagement les plus fous. L’ADIFOR n’avait alors qu’à recenser les informations disponibles pour fixer ses priorités. La transformation du CD15, son raccordement au carrefour des Chasseurs, le projet de parking relais sous Foran et les digues de Marsaz formaient autant d’axes de travail clairement définis.

Après les succès enregistrés l’année dernière, le silence est retombé sur la vallée. Le Schéma de Cohérence Territorial est établi pour dix ans, le Plan Local d’Urbanisme de Ville la Grand a été arrêté, et tous deux reconnaissent, à leur niveau, la nécessité de préserver le site. En Suisse voisine, la commune de Presinge vient d’élaborer son Plan Directeur Communal qui semble soutenir la même logique.
Période électorale oblige, les projets d’aménagement routier ne semblent plus d’actualité dans le Vallon. Nous pouvons pourtant nous réjouir de l’annonce de la réalisation d’une voie cyclable sur le CD15. Quand ? sous quelle forme ? Les informations restent fragmentaires, mais l’idée va dans le sens des valeurs défendues par notre association...

C’est donc, encore une fois, sur les berges du Foron que se concentre l’attention de l’ADIFOR. Il semble en effet qu’au terme d’une étude difficile, le SIFOR ait donné le jour à un nouveau scénario de gestion des crues… Longtemps présenté comme une solution unique et miracle, le bassin écrêteur de Marsaz ne suffisait plus à la tâche. .

Il se verrait donc adjoindre une série d’ouvrages de moindre ampleur, répartis sur le cours de la rivière, de Machilly à Ville la Grand, et la hauteur de ses digues serait ramenée à 3,15 mètres (sic). L’ensemble du projet nous sera exposé, au terme de notre Assemblée Générale annuelle, par l’un des techniciens chargé de son élaboration.

Devons-nous nous réjouir de ce résultat ? Cela nous paraît difficile. Certes, nous voulons y voir une conséquence directe de notre engagement, qui aura sans doute, permis de relancer la réflexion. Bien sûr, l’impact visuel des digues serait considérablement réduit, mais qu’en serait-il de ses autres aspects ? L’emprise des réalisations, les longueurs de digues nécessaires, les travaux de réalisation et d’entretien vont être démultipliés. Quand aux scénarii en cas de rupture, ils n’ont pas, de l’aveu du Président du SIFOR, encore été modélisés…

Un deuxième point vient ensuite tempérer notre enthousiasme, la réalisation des ouvrages reste un préalable à la révision du Plan de Prévention des Risques de l’agglomération annemassienne. Si, aux termes du Contrat de Rivière, le projet a pour vocation de protéger les constructions existantes actuellement en zone inondable, pourquoi modifier ce document ? Même couverts par des digues, ces bâtiments seront toujours dans des zones à risque… Il est clair que la modification du PPR n’a de sens que si l’on cherche à rendre constructibles de nouveaux secteurs placés dans la zone d’extension des crues. Et il s’agit bien évidemment d’une position que nous ne pouvons cautionner…

C’est donc sur la recherche d’une autre alternative que le Comité encouragera le SIFOR et ses partenaires à plancher. Notre association est d’ailleurs toujours prête à se joindre à ces réflexions...

Dernière mise à jour : ( 18-08-2008 )
 
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Flash info

Renaturation du Foron

© Tribune de Genève; 31.07.2008; page 21tg4

Genève

Au centre de Gaillard, le Foron a été libéré sur 120m

Juste après Moillesulaz, la rivière frontière s’épanouit dans une grande courbe.

Encore un tronçon de rivière libéré! Et pas n’importe lequel: le Foron est français, mais concerne aussi les Genevois *. Et il traverse une région fortement urbanisée, Ville-la-Grand, Gaillard, Puplinge, Thônex. Juste après la douane de Moillesulaz, au bord de la parcelle dite des «scouts», 120 mètres de ce cours d’eau marqué par de nombreuses interventions et corrections ont retrouvé un aspect presque naturel.

Presque. Car, si du côté haut-savoyard les palplanches métalliques qui enserraient le cours d’eau en quatre méandres à angle droit sont tombées, tel n’est pas le cas du côté suisse. La rive droite longe en effet l’accès au parking P + R. Il était donc impossible de coucher la berge comme cela a été fait sur la rive gauche.

Là, le gravier déposé par les alluvions, les saules, la végétation qui protège le champ accessible au public redonnent à la rivière un aspect champêtre. Son capital de biodiversité va aussi augmenter.

Pour la sécurité des habitants

Mais avant tout, c’est la sécurité des habitants qui motive ces importants travaux (100 000 euros financés pour 25% par l’Etat genevois). Libérée, une rivière s’écoule mieux en période de hautes eaux. D’ailleurs, une importante intervention a également lieu actuellement sous la plate-forme douanière de Vallard: le doublement de la conduite du Foron afin de favoriser l’écoulement des eaux en cas de crues. Il est prévu qu’elles puissent absorber une crue centennale.

Ces travaux de renaturation sont réalisés dans le cadre du contrat de rivière transfrontalier du Foron du Chablais genevois signé en 2004. Un contrat piloté par le Syndicat intercommunal du Foron (Sifor) présidé par Renée Magnin, maire de Gaillard.

Tout comme Robert Cramer, président du Département du territoire, présent sur la parcelle des «scouts» hier matin, elle se réjouit de l’avancement de ces chantiers le long du Foron.

Car son cours en milieu urbain exige que son débit puisse se faire dans des conditions de sécurité. Mais aussi qu’il retrouve des conditions naturelles, là où cela est possible, pour le bien-être de tous. Robert Cramer songe quant à lui à l’avenir: le projet des Communaux d’Ambilly situé dans le bassin versant du Foron .

Laurence Naef

Note: *Suite au Traité de Turin (1816), la frontière se situe sur le haut de la berge côté suisse et non au milieu du cours d’eau comme dans toutes les rivières frontière. Le cours d’eau est donc entièrement français.

 

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