Association de Défense des Intérêts du vallon du FORon


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AG 2008 - Communiqué de presse
09-06-2008

FORON : UN VALLON SOUS PRESSIONS

L’Assemblée Générale de l’ADIFOR (Association pour la Defense des Intêrets du Foron) a de nouveau attiré plus de 80 personnes à la veille de vacances scolaires. Signe des temps, le public comptait cette fois, aux côté des adhérents, des représentants de l’Agglomération et de la totalité des conseils municipaux concernés par les dossiers. De nombreuses associations partenaires, suisses et françaises, avaient également souhaité être représentées. Fidèle à ses traditions, après avoir fait le point des actions entreprises au cours de l’années (rencontres multiples, organisation de la journée du Vallon et participation active à la première édition du Duathlon vert du Vallon du Foron) le Comité a transmis la parole à deux représentants des organismes chargés de la mise en place du Contrat de Rivière.

Le premier intervenant, M. DELAJOUD, chargé de mission au SIFOR (Syndicat Intercommunal du Foron) aura procédé à la présentation du nouveau scénario de gestion des crues du Foron. Au terme d’études complémentaires, le projet initial, qui s’appuyait sur une digue de 800 mètre de long pouvant atteindre 7 mètres de haut en certains points, serait remplacé par deux ouvrages d’une hauteur moyenne de 3 mètres, placés à Juvigny et Ville la Grand. Longtemps présenté comme une solution unique et incontournable, l’ouvrage écrêteur de Marsaz connaissait donc au moins une alternative… Ce fut ensuite à M. DELAVY, technicien du Service de Renaturation des cours d’eaux de l’Etat de Genève, de prendre la parole. Avec force exemples, il fit la présentation des efforts déployé par le Canton pour rattraper les erreurs du passé. Remise en état des zones d’expansion naturelles des crues, destruction des immeubles construits trop près des rives, élargissement des cours des rivières imprudemment canalisées et renaturation des berges… C’est en exhortant les pouvoirs publics français à maîtriser l’urbanisation des rives du Foron qu’il concluait son intervention.

Le débat qui suivi fut forcement animé. On aurait pourtant tort de n’y voir qu’une opposition frontale entre une approche genevoise respectueuse de la nature et celle de pouvoirs publics français défenseurs d’une urbanisation frénétique. Les pressions qui s’exercent sur le Vallon du Foron sont autrement complexes. M. DELAVY avouait, du bout des lèvres, que les projets d’endiguement prévus entre Juvigny et Marsaz étaient tolérables dans une logique d’impact naturel et paysager… mais qu’en aurait-il été si ils avaient été prévus sur le territoire de la Confédération ? Par ailleurs, l’ombre des porteurs de projets envisagés sur l’agglomération (modification du Plan de Prévention des risques, Pôle étoile, Tsunami, ensembles immobiliers des Moulins Gaud, de la Martinière, projet MICA et autres aménagements visant à canaliser le trafic routier transfrontalier…) planait sur l’intervention du technicien français.

L’ADIFOR reste respectueuse de la notion d’intérêt général, consciente des besoins de la région en termes de logement et de transports, ainsi que des risques représentés par le passage d’un torrent de montagne au sein d’une agglomération de 70 000 habitants. Mais elle continuera à s’opposer à ce qui lui semble être un bien lourd sacrifice au regard des bénéfices attendus. Le Vallon du Foron est l’une des dernières bulles vertes de notre région, le sacrifier, c’est hypothéquer l’avenir. Si une alternative existait, d’autres peuvent encore se faire jour. L’élargissement du Foron, l’aménagement de nouvelles zones humides, le respect des zones d’expansion des crues actuelles et leur optimisation, sans avoir recours à un endiguement systématique, sont autant de pistes que l’ADIFOR et une partie des propriétaires concernés sont toujours prêts à étudier avec les organismes chargés du dossier.

Dernière mise à jour : ( 09-06-2008 )
 
Renaturation
15-04-2008

Quelques exemples de réalisation genevoise au regard de ce qui est prévu sur le Foron

En terme d'aménagement des cours d'eau et de gestion des crues, les options prises par le canton de Genève sont extrêmement différente du programme prévu par le SIFOR, voire opposée. Par exemple, sur le territoire genevois, toute construction est interdite à moins de 30 à 50 mètres du Foron, et ce depuis près de 30 ans ! A Genève, on essaye à tout prix d'éviter la construction de digues. Lorsque celles-ci sont inévitables, elles doivent se faire en arrière du cours d'eau.

Il est a noter que l'ensemble du projet sur le Foron comprend également de nombreux points qui vont dans le sens d'une renaturation que l'ADIFOR soutien bien évidemment. Par exemple, on peut relever que les travaux en cours autour de la douane de Vallard visent à doubler la buse dans laquelle le Foron passe sous la platte-forme douanière. Cet élargissement permettra de réduire le risque d'inondation en amont de la douane. L'ancien conduit ne permettait pas aux poissons de passer cet obstacle. Le nouveau passage sera composé de buses quadrilatères avec un fond composé de galets collés. Des puits de lumière seront aménagé tout au long des 200m de la buse. Ces aménagements permettront le passage des poissons, dans le but d'enrichir la biodiversité du Foron.

Le Foron a ceci de particulier que bien que faisant frontière avec la Suisse, son cours est entièrement français. Genève n'a donc que peu de pouvoir décisionnaire en ce qui le concerne. Nous relevons toutefois que le canton, fier de ses aménagements, est signataire du Contrat de rivière du Foron qui comprend la réalisation de digues sur territoire français... Est-ce à dire que réaliser des digues "en arrière des cours d'eau", signifierait les construire en France ?

Nous vous présentons ci-après quelques réalisations genevoises comparées à ce qui est prévu pour le Foron pour des situations comparables.

Genève
Renaturation de la Drize - 2004
Zone artisanale de Grange-Collomb

(photos de la présentation du 11.04.2008 par M. Delavy)

La Drize se trouvait enserrée entre des murs, ce qui avait pour effet d'accélérer la crue.

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Les murs ont été abattus, le lit élargi. En cas de crue, l'élargissement permet un ralentissement de la crue.

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Ville-la-Grand
Foron, Volet B1 : Protection des personnes et des biens
Actions en cours (état 5 mars 2008)

HCR : Réhaussement murs pont de Cornières

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Les Moulins Gaud se trouvent en grande partie en zone inondable. L'objectif semble clairement être la protection des constructions en cours et à venir sur les Moulins Gaud. En effet, la 2è tranche des travaux de constructions ne pourront pas se faire sans mesures de protection.

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Genève
Renaturation de la Haute-Seymaz - 2006

(photos Adifor)

L'ensemble du cours de la Seymaz était canalisé depuis les années 1930-1940. Le but de ces aménagements était d'augmenter la surface cultivable. Les effets sur les crues ont été catastrophiques.

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La première étape de la renaturation de la Seymaz a consisté en la supression des parties bétonnées et l'élargissement du cours de la Seymaz. Dans le même temps, la plaine de Sionnet a été rendue a son état marécageux antérieur. Le marais fais donc office d'éponge en cas de crue, créant un bassin de rétention naturel. En moins de deux ans, la plaine de Sionnet et les marais de Roëllebeau sont devenus une étape de migration des oiseaux d'importance nationale.

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Ville-la-Grand
Plaine Sous-Marsaz

Cette plaine est une des dernières zone préservées de la commune. Reconnue comme zone à valoriser et protéger, elle n'en reste pas moins condamnée par les aménagements prévus sur le Foron.

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Ville-la-Grand
Foron, Volet B1 : Protection des personnes et des biens
B1-2 : Construction d'un bassin écrêteur à Marsaz
Création d'une digue de 3.15m de hauteur maxi totale avec vanne statique

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NB. Schéma du projet de digues à 7m de hauteur.

 

Le projet revu en 2007-2008 a été redimmensionné. Les digues ont passé d'une hauteur de 7m à 3.15m maxi, passant d'un volume de stockage de 250'000m3 à 75'000 m3. Il n'en reste pas moins que le site serait à tout jamais défiguré par une digue barrant l'ensemble du vallon du Foron à la hauteur du pont de Marsaz.

Le premier projet était présenté à l'époque comme la seule alternative. L'ADIFOR reste persuadée qu'il en existe encore d'autres. En effet, ce bassin vise à la modification du Plan de Prévention des Risques (PPR). Il est clair que la modification du PPR n'a de sens que si l'on cherche à rendre constructible de nouveau secteurs placés dans les zones d'extensions des crues.


Dernière mise à jour : ( 13-06-2008 )
 
Bulletin printemps 2008 - Edito
14-04-2008

Le mot du Comité

Il existait donc une alternative...

C’est une année charnière, une année difficile qui s’achève pour notre association. Tout semblait beaucoup plus simple il y a cinq ans, lorsque le Vallon du Foron, livré à lui même, faisait l’objet des rêves d’aménagement les plus fous. L’ADIFOR n’avait alors qu’à recenser les informations disponibles pour fixer ses priorités. La transformation du CD15, son raccordement au carrefour des Chasseurs, le projet de parking relais sous Foran et les digues de Marsaz formaient autant d’axes de travail clairement définis.

Après les succès enregistrés l’année dernière, le silence est retombé sur la vallée. Le Schéma de Cohérence Territorial est établi pour dix ans, le Plan Local d’Urbanisme de Ville la Grand a été arrêté, et tous deux reconnaissent, à leur niveau, la nécessité de préserver le site. En Suisse voisine, la commune de Presinge vient d’élaborer son Plan Directeur Communal qui semble soutenir la même logique.
Période électorale oblige, les projets d’aménagement routier ne semblent plus d’actualité dans le Vallon. Nous pouvons pourtant nous réjouir de l’annonce de la réalisation d’une voie cyclable sur le CD15. Quand ? sous quelle forme ? Les informations restent fragmentaires, mais l’idée va dans le sens des valeurs défendues par notre association...

C’est donc, encore une fois, sur les berges du Foron que se concentre l’attention de l’ADIFOR. Il semble en effet qu’au terme d’une étude difficile, le SIFOR ait donné le jour à un nouveau scénario de gestion des crues… Longtemps présenté comme une solution unique et miracle, le bassin écrêteur de Marsaz ne suffisait plus à la tâche. .

Il se verrait donc adjoindre une série d’ouvrages de moindre ampleur, répartis sur le cours de la rivière, de Machilly à Ville la Grand, et la hauteur de ses digues serait ramenée à 3,15 mètres (sic). L’ensemble du projet nous sera exposé, au terme de notre Assemblée Générale annuelle, par l’un des techniciens chargé de son élaboration.

Devons-nous nous réjouir de ce résultat ? Cela nous paraît difficile. Certes, nous voulons y voir une conséquence directe de notre engagement, qui aura sans doute, permis de relancer la réflexion. Bien sûr, l’impact visuel des digues serait considérablement réduit, mais qu’en serait-il de ses autres aspects ? L’emprise des réalisations, les longueurs de digues nécessaires, les travaux de réalisation et d’entretien vont être démultipliés. Quand aux scénarii en cas de rupture, ils n’ont pas, de l’aveu du Président du SIFOR, encore été modélisés…

Un deuxième point vient ensuite tempérer notre enthousiasme, la réalisation des ouvrages reste un préalable à la révision du Plan de Prévention des Risques de l’agglomération annemassienne. Si, aux termes du Contrat de Rivière, le projet a pour vocation de protéger les constructions existantes actuellement en zone inondable, pourquoi modifier ce document ? Même couverts par des digues, ces bâtiments seront toujours dans des zones à risque… Il est clair que la modification du PPR n’a de sens que si l’on cherche à rendre constructibles de nouveaux secteurs placés dans la zone d’extension des crues. Et il s’agit bien évidemment d’une position que nous ne pouvons cautionner…

C’est donc sur la recherche d’une autre alternative que le Comité encouragera le SIFOR et ses partenaires à plancher. Notre association est d’ailleurs toujours prête à se joindre à ces réflexions...

Dernière mise à jour : ( 18-08-2008 )
 
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Flash info

Renaturation du Foron

© Tribune de Genève; 31.07.2008; page 21tg4

Genève

Au centre de Gaillard, le Foron a été libéré sur 120m

Juste après Moillesulaz, la rivière frontière s’épanouit dans une grande courbe.

Encore un tronçon de rivière libéré! Et pas n’importe lequel: le Foron est français, mais concerne aussi les Genevois *. Et il traverse une région fortement urbanisée, Ville-la-Grand, Gaillard, Puplinge, Thônex. Juste après la douane de Moillesulaz, au bord de la parcelle dite des «scouts», 120 mètres de ce cours d’eau marqué par de nombreuses interventions et corrections ont retrouvé un aspect presque naturel.

Presque. Car, si du côté haut-savoyard les palplanches métalliques qui enserraient le cours d’eau en quatre méandres à angle droit sont tombées, tel n’est pas le cas du côté suisse. La rive droite longe en effet l’accès au parking P + R. Il était donc impossible de coucher la berge comme cela a été fait sur la rive gauche.

Là, le gravier déposé par les alluvions, les saules, la végétation qui protège le champ accessible au public redonnent à la rivière un aspect champêtre. Son capital de biodiversité va aussi augmenter.

Pour la sécurité des habitants

Mais avant tout, c’est la sécurité des habitants qui motive ces importants travaux (100 000 euros financés pour 25% par l’Etat genevois). Libérée, une rivière s’écoule mieux en période de hautes eaux. D’ailleurs, une importante intervention a également lieu actuellement sous la plate-forme douanière de Vallard: le doublement de la conduite du Foron afin de favoriser l’écoulement des eaux en cas de crues. Il est prévu qu’elles puissent absorber une crue centennale.

Ces travaux de renaturation sont réalisés dans le cadre du contrat de rivière transfrontalier du Foron du Chablais genevois signé en 2004. Un contrat piloté par le Syndicat intercommunal du Foron (Sifor) présidé par Renée Magnin, maire de Gaillard.

Tout comme Robert Cramer, président du Département du territoire, présent sur la parcelle des «scouts» hier matin, elle se réjouit de l’avancement de ces chantiers le long du Foron.

Car son cours en milieu urbain exige que son débit puisse se faire dans des conditions de sécurité. Mais aussi qu’il retrouve des conditions naturelles, là où cela est possible, pour le bien-être de tous. Robert Cramer songe quant à lui à l’avenir: le projet des Communaux d’Ambilly situé dans le bassin versant du Foron .

Laurence Naef

Note: *Suite au Traité de Turin (1816), la frontière se situe sur le haut de la berge côté suisse et non au milieu du cours d’eau comme dans toutes les rivières frontière. Le cours d’eau est donc entièrement français.

 

Avertissement

L'ADIFOR rappelle que notre association est apolitique. De ce fait, elle ne soutien ni ne favorise aucun parti ou mouvement politique que ce soit. Si le site Internet de l'ADIFOR est référencé sur des sites de partis politiques ou de campagnes électorales, ce n'est, dans tous les cas, aucunement du fait ou de l'initiative de l'Associaition de Défense des Intérêts du Vallon du Foron.
 
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